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Takumi et sa jeune fille Hana vivent à la lisière de la forêt, dans un petit village de montagne situé à la périphérie de Tokyo.
Dans ce village où la nature est préservée, tout le monde se connaît et les gens s’entraident. Takumi connait très bien la région et travaille pour cette communauté. Il puise de l’eau de source pour le restaurant de udon local, il coupe du bois de chauffage, exécute divers travaux d’entretien. Mais un jour, la vie paisible de cette petite communauté se voit menacée par un projet de construction de camping. Ce dernier film du réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi s’ouvre par un travelling en forêt qui regarde vers un ciel d’hiver. Puis le cadre s’abaisse et on découvre Takumi coupant du bois derrière son chalet. Le blanc de la neige, le bleu vif du ciel, le brun des troncs et le jaune pâle des graminées forment une palette hivernale chaude qui présente cette nature sous un jour rassurant. L'air sec et froid apporte une transparence à l’ensemble qui fait éclater ces couleurs et produit une image magnifique. Ryūsuke Hamaguchi filme ce village dans sa vie quotidienne, de façon presque documentaire. Cette histoire ordinaire de projet touristique bouscule la vie des personnages et les amène à se questionner sur le sens de leur vie et des choix qu’ils ont faits. Cette portée politique est amenée de façon fine car la vie isolée de ce petit village n’est pas idyllique. Ryūsuke Hamaguchi ne s’en tient pas seulement au registre réaliste, certaines séquences sont très poétiques, voire mystiques. Cette pointe de surnaturel donne au film une respiration qui lui évite de sombrer dans la tristesse. Il reste de l’espoir, même s’il est mince. Le mal n’existe pas a remporté le Grand prix du jury à la Mostra de Venise en 2023. Etienne
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- Catégorie : Cinéma
Amelia élève seule son fils depuis la mort violente de son mari dans un accident de voiture.
Entre le travail et l’éducation de son enfant très perturbé, elle ne trouve pas un instant pour elle, et encore moins pour faire son deuil et refaire sa vie. Son quotidien bascule dans l’horreur le jour où son fils réclame qu’elle lui lise un album. Ils deviennent à ce moment hantés par le Babadook, sorte de croque-mitaine énigmatique décrit dans le livre, et Amelia ne sait plus si elle devient folle ou si elle est victime de mystérieux harceleurs. Elle va tout faire pour protéger son foyer.
Derrière le titre peu inspiré se cache un véritable chef d’œuvre du cinéma d’horreur, fer de lance de la renaissance du genre qui a lieu depuis quelques années. La réalisatrice, Jennifer Kent, sait parfaitement nous garder dans l’incertitude, évitant soigneusement de tomber dans des explications bancales ; et le Babadook devient une sorte de métaphore de situations d’horreur bien réelles – harcèlement, burn-out, deuil, difficultés à communiquer avec son enfant. Un film à ne pas manquer. Clément.
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- Catégorie : Cinéma
Ruben (interprété par Riz Ahmed) est batteur dans le groupe de punk-rock qu’il forme avec sa compagne Lou (Olivia Cooke). Ils sillonnent les Etats-Unis dans leur caravane, vivant des concerts qu’ils donnent chaque nuit. Mais leur vie bascule quand Ruben réalise qu’il commence à devenir sourd.
Sound Of Metal est le premier film de fiction de Darius Marder, à qui l’on devait déjà le scénario du surprenant The Place Beyond The Pines. Darius Marder, qui a plus une expérience de documentariste et de monteur, porte sur son sujet un regard extrêmement informé et une volonté de réalisme social et sensuel extrême. Les tourments émotionnels de Ruben, de ses tentatives d’aller mieux jusqu’au déni pur et simple de sa condition, sont un vaisseau nous faisant découvrir le monde des sourds, véritable société parallèle ayant une communauté et une culture à part entière. À cet angle quasi-documentaire s’ajoute un travail formel particulièrement virtuose, le cinéaste travaillant notamment le son comme une matière brute, le distordant et le sculptant afin de nous placer dans la peau de ses personnages. Il prend le parti de raconter le parcours de son protagoniste comme celui d’un protagoniste de film de body-horror, l’audition (et sa perte) étant traitées comme une addiction, les tentatives de soigner ce qui n’est pas une maladie s’apparentant presque à des automutilations désespérées. Un film tour à tour doux et poignant sur l’acceptation de soi. Clément.
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- Catégorie : Cinéma
Julien, un jeune professeur de lettres, est accusé à tort de harcèlement par l'une de ses élèves, Leslie.
Alors qu'il tente de prouver son innocence, il doit faire face à des pressions multiples de la part du frère aîné de la jeune fille et de ses camarades de classe. La rumeur se propage bientôt dans tout le collège. Julien cherche du soutien auprès de ses collègues et de sa hiérarchie, mais devant le risque d'embrasement, un seul mot d'ordre : ne pas faire de vagues. Inspiré d’une histoire vraie, le réalisateur et aussi professeur de lettres met en avant le mouvement de libération de la parole des enseignants.
Le film, complexe et très noir, trouve sa force dans le jeu d’acteur de François Civil. Jean
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- Catégorie : Cinéma
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- Catégorie : Cinéma
Le Vagabond de Tokyo, 1966 / La Marque du Tueur, 1967
La bibliothèque a le plaisir d’enrichir ses collections des deux films les plus importants de la carrière de Seijun Suzuki.
Ce réalisateur encore trop méconnu a pourtant marqué l’industrie Japonaise et a laissé son empreinte dans le cinéma international. Après être rentré dans l’industrie par la petite porte, et sans avoir au départ l’ambition de devenir réalisateur, Seijun Suzuki commence à tourner en 1956 ses premiers films pour les grands studios de la Nikkatsu. Il se fait la main sur le tas, maîtrisant très vite les règles classiques et académiques de la mise en scène et du cadrage. On lui confie des scénarios de « série B » : des longs-métrages à petit budget et aux intrigues vues et revues – généralement des films érotiques ou des histoires de yakuzas remplies de clichés. En à peine onze ans, il réalise près de 40 films pour la Nikkatsu. Assez vite, las de raconter toujours les mêmes histoires et écœuré par les valeurs violentes, chauvines ou patriarcales qu’elles véhiculent, Suzuki glisse petit à petit sa patte dans les œuvres : des cadrages de plus en plus osés, un usage pop et très surprenant des couleurs, des dialogues réduits au strict minimum, et un humour pince-sans-rire frôlant parfois la parodie.
Quand, en 1966, il réalise Le Vagabond de Tokyo, le film est tellement baroque que ses employeurs hésitent à le sortir en salles. L’intrigue est dure à suivre, l’imagerie flirte avec le surréalisme et le héros est régulièrement tourné en ridicule. Aussi, pour son film suivant, menace-t-on le réalisateur : on lui donne une dernière chance, un scénario médiocre inachevé à compléter, un budget rikiki ne permettant même pas de tourner en couleur, et gare à lui s’il s’avise de tourner quelque chose de bizarre !
Une trentaine de jours plus tard, le réalisateur rend sa copie : La Marque du Tueur, chef d’œuvre de Suzuki, de loin le film le plus bizarre de sa filmographie. Il a notamment charcuté l’intrigue pour ajouter des éléments étranges et surréalistes : le héros, un tueur à gages sexuellement excité par l’odeur du riz en train de cuire, est engagé par une femme-papillon pour un contrat qui tourne mal. Il se retrouve alors à son tour cible d’un tueur qui s’amuse à torturer psychologiquement ses victimes en les appelant au téléphone…
Véritable curiosité, tour à tour magistral et expérimental par sa mise en scène et son montage et reposant beaucoup sur le charisme de l’énigmatique Joe Shishido, acteur fétiche de Suzuki ayant subi une opération chirurgicale pour avoir les joues gonflées comme un hamster dans le but qu’on arrête de lui proposer des comédies romantiques, le film est un échec et vaut au réalisateur de se faire licencier, ce qui causa une controverse majeure dans l’industrie cinématographique japonaise. Seijun Suzuki ne put plus réaliser de films avant 1977, mais il ne se remit jamais vraiment de cette déconvenue. Néanmoins ses films, en particulier La Marque du Tueur, redécouverts dans les années 80, inspirèrent fortement de nombreux réalisateurs actuels, de Jim Jarmusch à Tarantino, en passant par Wong Kar-Wai. Clément.
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