Paris, années 1980. Élisabeth vient d'être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith.

Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah, jeune fille désœuvrée qu'elle prend sous son aile. Talulah découvre la chaleur d'un foyer et Matthias la possibilité d'un premier amour, tandis qu'Élisabeth invente son chemin, pour la première fois peut-être. Formidable fresque familiale narrée avec un sens du détail inouï qui rend tellement vibrant les différents apprentissages de chaque personnage, notamment l’élaboration d’un œil cinéphile chez Talulah. La douceur née de Charlotte Gainsbourg qui joue Élisabeth s’accorde à merveille avec la sensibilité du cinéaste. Un petit bijou plein d’espoir et de fraternité.

Les passagers de la nuit, de Mikhaël Hers, 2021

Quand la santé va, tout va, et quand elle ne va plus...

Suzanne est une galeriste proche de la retraite. Son fils Alex vit avec Noémie, et ils sont sur le point d’avoir un enfant ; seulement la santé mentale de Suzanne se dégrade brusquement, ce qui va bouleverser leur vie de couple. Un film belge plein d’empathie et de finesse qui montre comment une famille va se réorganiser autour d’une personne démente. Ce bouleversement ne va pas entraîner que de la souffrance et de la tristesse, mais aussi de la tendresse, des moments drôles, et déjà propulser ce couple dans une posture parentale avant l’heure. La vie est chaotique, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Les acteurs y sont confondants de naturel. Les deux réalisateurs et scénaristes ont porté une attention particulière aux couleurs et aux décors du film, ce qui donne parfois l’impression d’assister à une fable. Le DVD contient aussi Thelma, un court métrage où l’on retrouve certains des acteurs du film dans une autre histoire et d’autres rôles. Une deuxième très bonne surprise après ce premier long métrage poétique et joyeux.

Une vie démente, de Ann Sirot & Raphaël Balboni, 2017

Dans le petit cimetière de Buffalora en Italie, les défunts ont pris l’habitude de revenir à la vie exactement sept jours après leur mort.

Le gardien du cimetière, Francesco Dellamorte (Rupert Everett) et son factotum Gnaghi (François Hadji-Lazaro), tentent de juguler l’invasion à grand coup de revolver dans l’indifférence générale ! Cupidon s’invite bientôt dans ce carnage, et le délire va crescendo. Dellamorte Dellamore, de Michele Soavi, sorti en 1994, est une comédie romantico-zombiesque des plus originales. L’amour et la mort y cohabitent, tout comme l’espoir et l’échec. C’est aussi un bel hommage au cinéma de Dario Argento et de Terry Gilliam, pour lesquels Michele Soavi avait été assistant réalisateur. Un film comme on aimerait en voir plus souvent : inventif, drôle, sombre, et qui marque les esprits.

Dellamorte Dellamore, de Michele Soavi, 1994

De retour en France au lendemain d’une opération clandestine en Afghanistan, deux frères d’armes survivent au monde civil.

La mission dont ils sont les seuls à être revenus n’était peut-être pas celle qu’ils croyaient…Protéger le secret à n’importe quel prix. Pour son premier long métrage, le réalisateur met en lumière le traumatisme et les séquelles de la guerre ainsi que la réinsertion dans la vie civile. Un duo d’acteurs remarquables en tête d’affiche, Niels Schneider remarqué pour ses rôles dans Sybil, Suzanna Andler, Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait et Sofian Khammes que l’on a admiré dans Chouf, Un Triomphe, La Nuée, Mes frères et moi.

Sentinelle sud, de Mathieu Gérault, 2021

Nour a 14 ans. Il vit dans un quartier populaire au bord de la mer.


Il s'apprête à passer un été rythmé par les mésaventures de ses grands frères, la maladie et les soins palliatifs à domicile de sa mère. Alors qu'il doit repeindre un couloir de son collège pour des travaux d’intérêts généraux, il rencontre Sarah, une chanteuse lyrique qui anime un cours d'été. Une rencontre qui va lui ouvrir de nouveaux horizons... Un film dramatique aux émotions multiples, aux interprétations remarquables, un pur bonheur.

Mes frères et moi, de Yohan Manca, 2022

David, jeune paysan du Cantal, vient d'avoir une idée : pour sauver son exploitation de la faillite, il va monter un cabaret à la ferme.

Le spectacle sera sur scène et dans l'assiette, avec les bons produits du coin. Il en est sûr, ça ne peut que marcher ! Ses proches, sa mère et surtout son grand-père, sont plus sceptiques. Cette idée de scénario peut sembler cynique tant le drame du monde agricole est réel, mais cette histoire est inspirée du vécu d’un agriculteur. Le réalisateur, touché par ce projet réussi, s’est emparé du sujet pour en faire un film qui séduit par son rythme et ses dialogues. Les personnages ont une profondeur étonnante portés par des acteurs et actrices au ton juste. Alban Ivanov sait nous faire partager son énergie et son enthousiasme. Un film bienveillant et respectueux qui donne de l’espoir et fait du bien, à contrecourant de l’atmosphère de plus en plus morose de notre société.

Les Folies fermières de Jean-Pierre Améris, 2022