Depuis le début des années 2000, Arnaud Vincent alias Arne Vinzon baladait sa pop électronique et ironique de disques confidentiels en concerts clairsemés.

Mais en 2011 son album Le Monde Entier arrive, on ne sait comment, entre les pattes de Cyril Hanouna qui l’invite dans son émission pour, disons-le, se payer sa tête. Arne Vinzon qui ne peut s’offrir le luxe de se priver de la moindre publicité, vient pousser la chansonnette à la télé sous les feux sarcastiques des chroniqueurs qui se font des clins d’œil comme les organisateurs d’un dîner de cons. Contre toute attente, ce mauvais moment à passer sera salutaire et la chanson Lente dépression rencontrera un succès de niche mais bien réel. Dès lors, un noyau de fans se constitue et Arne fait salle comble à chaque concert. Deux albums plus tard, le soufflé est retombé et Vinzon est retourné à son underground natal… Mais parlons enfin de sa musique. Bien qu’il compose en grande partie ses mélodies, Arne Vinzon est poète avant d’être musicien. Sa langue est tout en ironie, jeux de mots et autodérision. Dans son bestiaire, alcool, drogue et dépression côtoient les otaries du zoo de Vincennes, le Prince Albert et une bien sombre vie nocturne. Musicalement, on est clairement dans un registre pop synthétique qui rappelle les grandes heures de Jacno et de la new wave francophone des années 1980. Une recette que Vinzon agrémente d’un organe rarement exploité : le sifflement. Oui, oui, la « sifflette », dont l’ambassadrice la plus célèbre fut Micheline Dax, trouve ici un nouveau souffle (lol) aussi gracieux qu’inattendu. Mais qu’en est-il exactement de ce dernier album ? Arne Vinzon qui jusqu’ici confiait les arrangements à son cousin Matthieu Devos, a décidé de faire appel à un nouveau collaborateur. Hélas, si le verbe est toujours aussi beau, la production de ce dernier opus nous entraine vers des contrées moins élégantes. Quelques synthés trop gras et quelques effets de manche un peu grossiers viennent gonfler artificiellement la machine. Heureusement le songwriting de Vinzon est toujours présent et précis. A lui seul, le sublime morceau Green qui flirte avec Ennio Morricone, justifie qu’on jette une oreille attentive à ce disque imparfait. Anthony

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Le label anglais MrBongo réédite cette année l’album Love Ain't Nothin' But a Business Goin' On du chanteur et harmoniciste américain Junior Parker.

Comme de nombreux musiciens américains, Junior Parker commence par chanter du gospel, puis il intègre des groupes de blues. Dans les années 1950 il est repéré par le producteur Sam Phillips et signe chez Sun Records. C’est le début du succès, tant en studio qu’en live. Junior Parker devient l’une des icônes musicales de la communauté noire américaine. De son blues originel, son style évolue vers le rhythm ’n’blues, incorporant des éléments de rock et de soul. En 1971 il signe sur le label américain Groove Merchant. Il meurt la même année et Love Ain't Nothin' But a Business Goin' On paraîtra à titre posthume et rencontrera un grand succès. C’est un disque riche où Junior Parker fait cohabiter des blues et des ballades où il chante à la manière de crooners du rock. On y trouve également de superbes morceaux de soul étoffés par un ensemble de cordes. Cette musique tout en syncope annonce l’ère du funk qui débute. Vingt ans plus tard, Love Ain't Nothin' But a Business Goin' On sera samplé par des artistes de la sphère rap (Cypress Hill, Dj Shadow, A Tribe Called Quest...). Avec cette réédition, la boucle est bouclée ! Etienne

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C’est bien connu, en vieillissant, les légendes du rock peinent à sortir de leur zone de confort.

Alors le mieux ne serait-il pas de ne jamais y entrer ? L’ex-bassiste de Sonic Youth Kim Gordon l’a bien compris et revient avec son deuxième album solo sur le label Matador. Enregistré à Los Angeles, sa ville natale, The Collective fait suite à No Home Record, sorti en 2019, et poursuit sa collaboration avec le producteur Justin Raisen (John Cale, Yeah Yeah Yeahs, Charli XCX, Yves Tumor…). Et en effet, rien n’est confortable ici : infrabasses saturées, rythmes trap, chant proche du rap, guitares hachées et séquencées et ambiance post-industrielle. Nous sommes loin d’une promenade de santé pour dame de 71 ans. L’album est accompagné de clips la mettant en scène avec sa badass de fille Coco Gordon Moore dans le sordide quotidien de la banlieue de L.A. En d’autres termes ce disque constitue la meilleure suite à donner à l’aventure Sonic Youth. En bonus, prolongez l’expérience avec la lecture des mémoires de Kim Gordon : Girl In A Band est disponible en français à la bibliothèque.

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Dans son premier album personnel Amor de flores, Núria livre ses compositions dans ses trois langues vivantes : l'espagnol, le français et le catalan.

Auparavant, elle était danseuse pour Stephan Eicher ou encore Tony Gatlif. De sa belle voix sensuelle et d’une belle clarté, elle raconte son parcours de femme et de reconstruction d'identité, avec comme fil conducteur des moments d'introspection. Une approche personnelle et profonde qui allie psychologie et spiritualité, vers la compréhension de ses émotions amoureuses : la chanson Amor de flores constitue le titre phare de cet album. Il retrace son chemin de vie, bordé de fleurs, dans lequel elle partage les forces et les couleurs rencontrées au cours de sa trajectoire artistique. Le personnage de cet album sème et danse avec ceux qui veulent bien la suivre dans cet imaginaire de la femme-fleur, comme une métaphore de l’épanouissement de cette femme-artiste.

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La section musique/cinéma de la bibliothèque de Bondy effectue des acquisitions de cd. Venez découvrir un titre par album des coups de cœur de nos bibliothécaires parmi les dernières nouveautés de septembre 2024 sur la playlist de notre chaîne Youtube.

Milo Fitzpatrick, le contrebassiste du groupe anglais Portico Quartet, se joint ici au saxophoniste Jordan Smart pour un premier disque en duo.

Le timbre chaud et élastique de la contrebasse ouvre le disque. Puis le dialogue entre les musiciens s’installe et prend la forme de neuf courtes pièces romantiques qui lorgnent vers la musique ambient tout en gardant des mélodies bien distinctes. Une musique du crépuscule, sobre et légèrement triste. Les deux musiciens s’enregistrent à l'aide de pédales, ce qui leur permet de jouer et de superposer plusieurs instruments. Contrebasse, percussions et piano pour Milo Fitzpatrick ; saxophones, clarinette basse et flûtes pour Jordan Smart. En plus de rajouter quelques touches sonores de-ci de-là, l’ingénieur du son Brett Cox a effectué un travail remarquable en utilisant la réverbération naturelle de l’Église St Thomas de Stamford Hill. En ce sens, Tremors in the Static est un disque qui favorise la contemplation. Il parvient à capturer le son brut de chaque instrument, et le laisser résonner en nous.

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