Iran 2001, une journaliste de Téhéran plonge dans les faubourgs les plus mal famés de la ville sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de féminicides.

Elle va s'apercevoir rapidement que les autorités locales ne sont pas pressées de voir l'affaire résolue. Ces crimes seraient l'œuvre d'un seul homme, qui prétend purifier la ville de ses péchés, en s'attaquant la nuit aux prostituées.

Un polar poisseux et volontairement violent qui analyse les réactions d’une opinion qui s’est quasiment rangée du côté du tueur de prostituées. Le réalisateur redonne toute leur humanité à ces femmes en perdition en montrant ces corps abîmés, meurtris. Le film n’a bien sûr pas été tourné en Iran où la censure est très forte. Zar Amir Ebrahimi, qui joue le rôle de la journaliste combative et déterminée, est époustouflante. Elle illustre à merveille l’émancipation des femmes en Iran, concrétisée par le soulèvement féministe iranien.

Les nuits de Mashhad, de Ali Abbasi, 2022

Coffret regroupant quatre films « Le chanteur de Mexico / Sérénade au Texas / Violettes impériales / Lumières de Paris ».

Luis Mariano, Annie Cordy, Bourvil et Tino Rossi vous referons redécouvrir les films du genre. Ces comédies musicales de Richard Pottier, Henry Roussel vous montrerons des trésors des opérettes d’autrefois à la française.

Coffret Les Opérettes, 2020

Qu’est-ce qui peut bien lier Mouamar Kadhafi, les réseaux sociaux, les attentats suicide, l’essor de l’individualisme ?

Nous vivons dans un monde ou les puissants nous trompent.
Nous savons qu’ils mentent.
Ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Ils s’en fichent.
Nous disons que cela nous tient à cœur mais nous ne faisons rien.
Et rien ne change jamais.
C’est normal.
Bienvenue dans le monde de la post-vérité.
Comment en sommes-nous arrivé là ?

Adam Curtis est documentariste à la BBC. Il se sert de leurs riches archives pour réaliser des documentaires. Dans Hypernormalisation, Adam Curtis reprend à son compte le concept inventé par l’anthropologue Alexei Yurchak qui s’en servait pour décrire l’union soviétique à partir des années 70.

Tout le monde savait que le système soviétique s'effondrait et que les leaders politiques mentaient, mais tous devaient faire semblant d'y croire. La facticité de la société soviétique était hypernormale..

En près de trois heures, c’est par sa science du montage et d’un choix d’images justes qu’Adam Curtis convoque les pouvoirs du cinéma pour nous aider à mieux comprendre notre situation politique et morale.

À voir sur YouTube : Hypernormalisation, de Adam Curtis, documentaire, 2016

Paris, années 1980. Élisabeth vient d'être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith.

Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah, jeune fille désœuvrée qu'elle prend sous son aile. Talulah découvre la chaleur d'un foyer et Matthias la possibilité d'un premier amour, tandis qu'Élisabeth invente son chemin, pour la première fois peut-être. Formidable fresque familiale narrée avec un sens du détail inouï qui rend tellement vibrant les différents apprentissages de chaque personnage, notamment l’élaboration d’un œil cinéphile chez Talulah. La douceur née de Charlotte Gainsbourg qui joue Élisabeth s’accorde à merveille avec la sensibilité du cinéaste. Un petit bijou plein d’espoir et de fraternité.

Les passagers de la nuit, de Mikhaël Hers, 2021

Un jeune instituteur du Bhoutan est envoyé dans la partie la plus reculée du pays.

Loin de la ville, le quotidien est rude, mais la force spirituelle des habitants du village transformera son destin. Petit bijou de fraîcheur et d’humanité avec des paysages de toute beauté. Magnifique invitation au voyage qui montre avec délicatesse la confrontation entre les aspirations d’une nouvelle génération mondialisée face aux traditions ancestrales. Superbe galerie de personnages dont une éleveuse de yaks au cœur pur et au caractère bien trempé qui chante divinement bien ou la déléguée de classe absolument adorable. Un film qui nous donne une leçon d’humilité et de bonheur ; et qui fait un bien fou.

L’école du bout du monde, de Pawo Choyning Dorji, 2019

Quand la santé va, tout va, et quand elle ne va plus...

Suzanne est une galeriste proche de la retraite. Son fils Alex vit avec Noémie, et ils sont sur le point d’avoir un enfant ; seulement la santé mentale de Suzanne se dégrade brusquement, ce qui va bouleverser leur vie de couple. Un film belge plein d’empathie et de finesse qui montre comment une famille va se réorganiser autour d’une personne démente. Ce bouleversement ne va pas entraîner que de la souffrance et de la tristesse, mais aussi de la tendresse, des moments drôles, et déjà propulser ce couple dans une posture parentale avant l’heure. La vie est chaotique, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Les acteurs y sont confondants de naturel. Les deux réalisateurs et scénaristes ont porté une attention particulière aux couleurs et aux décors du film, ce qui donne parfois l’impression d’assister à une fable. Le DVD contient aussi Thelma, un court métrage où l’on retrouve certains des acteurs du film dans une autre histoire et d’autres rôles. Une deuxième très bonne surprise après ce premier long métrage poétique et joyeux.

Une vie démente, de Ann Sirot & Raphaël Balboni, 2017