Si vous êtes friands de musique tragique et introspective, le sublime et néanmoins plombant nouvel album de la compositrice américaine Kali Malone est fait pour vous.
En effet, All Life Long, dont le titre raisonne comme une condamnation à perpétuité, vous entraine dans un hiver postapocalyptique et dépeuplé, qui raisonne particulièrement avec les tragédies mondiales que nous connaissons. En s’appuyant sur des harmonies millénaires, Kali Malone parvient à produire une musique des plus actuelles, postulant pour l’avènement d’une liturgie athée. Le temps, principal allié de la musicienne, régit ce très long disque où sont déclinés des étirements d’orgues litaniques, joués sur des instruments du XVe siècle, qui succèdent à des psaumes de cuivres ayant l’air de sonner le glas de l’humanité. C’est beau comme une collaboration imaginaire entre Arvo Pärt et Morton Feldman sur l’orgue de Dietrich Buxtehude.