Dans une ville du Nord de la France, un policier hérite du Bowling Saturne, légué par son père, membre de la bourgeoisie locale.
Il choisit de reprendre contact avec son demi-frère, enfant illégitime et mouton noir de la famille, pour lui confier la gestion du lieu. Mais il ignore la face sombre du fils de son père, qui profite de cette nouvelle position et de ce terrain de jeu idéal pour laisser libre cours à tous ses fantasmes, jusqu’aux plus violents.
Bowling Saturne est un film étrange, dont l’ambiance oscille entre la noirceur de True Detective et la violence surréaliste et anti-patriarcale d’un film de David Lynch. Tout l’héritage laissé par le père suinte la violence, des lumières rouge sang du bowling au papier-peint somptueux parsemé de trophées de chasse de son appartement. L’héritage de la violence, en fait, apparaît comme le thème principal du film : la figure du père et de ses amis notables chasseurs est comme un monolithe maléfique, condamnant toute la société autour d’eux à sombrer dans une spirale de destruction, les hommes étant menés à devenir des prédateurs, les femmes à devenir leurs proies. Bowling Saturne est comme un rêve halluciné et ne nous laisse pas indemnes, mais il est de ces films qui restent avec nous encore longtemps après les avoir vus. Clément