King Hu est l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma chinois.

Au départ fer de lance des studios de la Shaw Brothers, pour qui il révolutionna le wu xia pian (film de cape et d’épée chinois), il finit par se brouiller avec ses employeurs car ses exigences artistiques élevées étaient incompatibles avec le rythme et le mode de production industriels des studios hongkongais. En 1967, il quitte la colonie britannique pour Taïwan, qui souhaite alors développer sa propre industrie cinématographique. Il fait bâtir des studios pour l’île, et y tourne d’abord le mythique Dragon Gate Inn, avant d’enchaîner sur son chef d’oeuvre : A Touch Of Zen, en 1970. Le scénario reprend la célèbre nouvelle fantastique Xianü (La Femme Chevaleresque), de Pu Songling, grand lettré du 17ème siècle, nouvelle adaptée à plus de dix reprises au cinéma (dont la trilogie culte Histoire de Fantômes Chinois), et qui raconte l’histoire de la rencontre d’un lettré ingénu avec une femme mystérieuse maniant l’épée, qui va le protéger d’un esprit maléfique et lui donner un enfant avant de disparaître. Cette nouvelle appartient au genre du nüxia, le récit de femme héroïque, né au 9eme siècle, et dont l’héroïne la plus célèbre est Mulan. Ce genre est extrêmement populaire en Chine, que ce soit en littérature comme au cinéma – l’un des premiers grands succès populaires chinois au cinéma, La Femme épéiste de Huangjiang, série de 13 longs-métrages muets sortis en 1930, s’inscrit d’ailleurs dans ce genre. King Hu reprend cette trame, en renforçant ses thèmes féministes et en y glissant une critique de la corruption, du pouvoir et de la violence. Malgré une première sortie ratée, le film, remonté en version longue, rencontre un très grand succès au festival de Cannes de 1975. Il a pavé la voie à la Nouvelle Vague Hongkongaise, et son style atmosphérique et ses chorégraphies très inspirées de l’opéra de Pékin ont laissé une influence durable, notamment chez Tigre et Dragon (Ang Lee, 2000), Le Secret des Poignards Volants (Zhang Yimou, 2004) ou encore The Assassin (Hou Hsiao-Hsien, 2015). La version de la bibliothèque est une copie restaurée parue en 2015. Clément

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