Mélissa est surveillante pénitentiaire.
Elle vient d’emménager avec sa jeune fille et son compagnon en Corse pour prendre un nouveau départ. À la prison de Borgo où elle travaille, Mélissa est affectée à l’unité 2, le quartier réservé aux détenus qui appartiennent aux mafias corses. On découvre le fonctionnement particulier de ce bloc, où les détenus sont libres de circuler hors de leurs cellules, et où ce sont eux qui surveillent les matons et les matonnes. Borgo ne brosse pas un portrait flatteur des Corses. Mélissa et sa famille viennent de s’installer dans le quartier des Salines, un grand ensemble de logements sociaux en périphérie d’Ajaccio. Entre les menaces proférées par leur voisin de palier, et le racisme dont fait l’objet Djibril, son compagnon, l’accueil est glacial. Pourtant, Saveriu, un jeune détenu corse semble vouloir aider Mélissa. Stéphane Demoustier a choisi de ne pas montrer de scènes de violence entre détenus. Le film se focalise sur les difficultés auxquelles sont confrontés les surveillants pénitenciers. La corruption ou le chantage affectif font partie du fonctionnement des prisons, et les surveillants endossent aussi le rôle inconfortable d’intermédiaires entre la direction et les détenus. Hafsia Herzi qui incarne Mélissa est convaincante et joue avec beaucoup de finesse. Borgo est un film qui montre les difficultés des fonctionnaires, qui pointe une mafia corse toute puissante, mais c’est aussi un thriller carcéral anxiogène qui maintient son suspense jusque dans ses dernières images. Etienne