Takumi et sa jeune fille Hana vivent à la lisière de la forêt, dans un petit village de montagne situé à la périphérie de Tokyo.

 

Dans ce village où la nature est préservée, tout le monde se connaît et les gens s’entraident. Takumi connait très bien la région et travaille pour cette communauté. Il puise de l’eau de source pour le restaurant de udon local, il coupe du bois de chauffage, exécute divers travaux d’entretien. Mais un jour, la vie paisible de cette petite communauté se voit menacée par un projet de construction de camping. Ce dernier film du réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi s’ouvre par un travelling en forêt qui regarde vers un ciel d’hiver. Puis le cadre s’abaisse et on découvre Takumi coupant du bois derrière son chalet. Le blanc de la neige, le bleu vif du ciel, le brun des troncs et le jaune pâle des graminées forment une palette hivernale chaude qui présente cette nature sous un jour rassurant. L'air sec et froid apporte une transparence à l’ensemble qui fait éclater ces couleurs et produit une image magnifique. Ryūsuke Hamaguchi filme ce village dans sa vie quotidienne, de façon presque documentaire. Cette histoire ordinaire de projet touristique bouscule la vie des personnages et les amène à se questionner sur le sens de leur vie et des choix qu’ils ont faits. Cette portée politique est amenée de façon fine car la vie isolée de ce petit village n’est pas idyllique. Ryūsuke Hamaguchi ne s’en tient pas seulement au registre réaliste, certaines séquences sont très poétiques, voire mystiques. Cette pointe de surnaturel donne au film une respiration qui lui évite de sombrer dans la tristesse. Il reste de l’espoir, même s’il est mince. Le mal n’existe pas a remporté le Grand prix du jury à la Mostra de Venise en 2023. Etienne

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