Le pitch de la série : Après un séjour dans un centre de désintoxication, Rue Bennett fait son retour au lycée.

Le jour de la rentrée, elle fait la rencontre de Jules, une jeune adolescente trans, avec qui elle commence à tisser des liens très forts. Les deux jeunes femmes, ainsi que leurs camarades de classes et amis, évoluent dans un univers où la jeunesse n'a plus de tabou : les relations amoureuses se défont aussi vite qu'elles se font, les réseaux sociaux sont omniprésents, les névroses et secrets de chacun sont exposés aux yeux de tous et la drogue est facile d'accès. On pourrait s’arrêter là et se dire qu’on est en présence d’une « teen série » comme une autre. Mais ce serait aller vite en besogne. Car cette série est remarquable à plus d’un titre et en premier lieu pour le regard qu’elle porte sur la génération Z, pour qui l’avenir est de plus en plus sombre. Remarquable également pour la galerie de personnages touchants et profonds, et surtout pour les performances des acteurs dont Hunter Schafer et Zendaya (Emmy Award de la meilleure actrice dans une série télévisée dramatique en 2020 et en 2022). Le portrait juste d’une jeunesse américaine en proie aux comportements (auto)destructeurs.

Enfin, la série est rythmée par une bande son exceptionnelle composée par Timothy McKenzie, dit Labrinth (déjà remarqué pour ses collaborations avec Sia, Diplo, The Weeknd et Nicki Minaj). Les 26 morceaux (tubes, pièces orchestrales, vignettes et autres ritournelles) réunis sur ce disque en font ce que doit être par essence une bande originale de film, c’est-à-dire, une narration, un récit, une épopée sans images. Et en conjuguant des références aussi diverses que la Trap, le RnB, l’Ambient, Prokofiev, les B.O de Tim Burton et celles de Lynch, c’est tout l’univers poisseux et tragiquement beau de la série qui prend forme, sur un disque dans lequel on se baignera régulièrement, en attendant la fin du monde.

Euphoria, saisons 1 + 2, de Sam Levinson, 2019