Présenté comme le journal intime dessiné d’une petite fille juive et latina grandissant dans les quartiers les plus pauvres du Chicago des années 60,

 

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un véritable pot-pourri d’influences. Karen Reyes, protagoniste obsédée par les oeuvres d’horreur, se dessine comme un loup-garou explorant sa ville, tissant des liens avec ses voisins, et revêtant bien vite un imperméable pour mener une enquête à la Dashiell Hammett sur la mort mystérieuse de sa voisine du dessus, une belle femme dont la vie, de l’Allemagne nazie à l’exil à Chicago, est une histoire dans l’Histoire. Tout se mélange, entre récit initiatique, drame familial et murder mystery, et le trait faussement brouillon de Karen, stylo Bic sur cahier à spirales, encre le réel sous l’apparence du monstrueux, une manière à elle de supporter le monde et de se supporter.
L’existence de ce livre a tout du miracle. Emil Ferris, paralysée en 2002 de la main droite à l’âge de 40 ans, a passé les quinze années suivantes à retrouver l’usage de son membre et à travailler sur sa bande dessinée. Sa persévérance, heureusement, a fini par payer : l’épais roman graphique a été couronné de nombreux prix, récompensant la richesse de son scénario et l’inventivité de son style. Et en effet, il suffit de ne lire que quelques pages pour réaliser que l’on a affaire à un chef-d’oeuvre.

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