Cette quatrième adaptation au cinema du personage de Mike Mignola était hélas très mauvaise, mais elle nous donne l’occasion de revenir sur l’œuvre qui l’a inspirée. Mike Mignola s’est imposé comme l’un des grands auteurs de bande dessinée gothique actifs aujourd’hui, et c’est son personnage de Hellboy qui l’a amené à cette place. Les tomes racontent des histoires disjointes, pouvant généralement être lues dans le désordre. La trame est généralement toujours la même : Hellboy, rejeton de l’enfer élevé par des humains, se rend dans des lieux où sévit le mal, mène l’enquête, et triomphe plus ou moins. Le personnage, colosse rouge cornu cachant sa silhouette et son revolver sous un imperméable, tient plus de Philip Marlowe que de l’Antéchrist, traînant sa carcasse d’affaire en affaire, exorcisant les fantômes et combattant divers démons avec désillusion et lassitude. Très influencée par l’œuvre de Lovecraft, la bande dessinée de Mignola nous entraîne dans un monde fantastique et effrayant, peuplé de créatures issues du folklore mondial, dans des vignettes dont les jeux d’ombres et de lumière magnifiques évoquent l’expressionnisme allemand. Clément
